Église basse et Crypte romane

 

Pour l'église basse et la Crypte : visites guidées uniquement (s'adresser au guichet de la CMN près de la boutique).
(Renseignements et achat billetterie en ligne)

Entrée (Crypte et Tour) : 8 €  - L'église basse et la Crypte sont fermées le dimanche matin.

 

L'Église Basse

 

Deux escaliers, prolongés par deux longs couloirs y descendent. Celui du côté Nord est ouvert au public. Dominant cet escalier, à droite, statue du Christ à la colonne datant de 1714 et le long de la galerie, d'intéressants culs-de-lampe. Au bout de la galerie, on arrive dans l'église basse après avoir descendu quelques marches. Six gros piliers (2,3m de diamètre) servent d'assise à ceux qui les surplombent dans l'abside. Au sol, on voit graver l'épure de la rosace aveugle du pignon de la façade. (Voir l'étude sur les épures de Mme Constance Briand en fin de page). Proche des épures se trouve l'ancien autel de la chapelle d'Étampes (Sacré-Cœur) datant du XVIIIe siècle.

 

Le gisant du duc Jean de Berry, élevé tout d'abord dans la Sainte-Chapelle de son palais à Bourges a été transporté ici en 1757. Il est l'œuvre de Jean de Ruppy (ou de Cambrai), sculpteur flamand du XVe siècle. A l'origine, le tombeau comportait quarante "pleurants" et a été partiellement détruit pendant la Révolution. Les pleurants furent dispersés et l'on peut en voir désormais au Musée du Berry à Bourges, au château de la Verrerie dans le Cher, à Paris (Musée du Louvre, musée Rodin, Fondation Custodia) et dans divers musées du monde entier. Le duc tient dans sa main une banderole avec cette inscription : "Quid sublime genus, quid opes, quid gloria praestent Propisce, mox aderant haec mihi, nunc absunt.* Aux pieds du duc, un petit ours, symbole de puissance avant que le lion ne le devienne, fait référence à sa devise "Oursine le temps venra" dont la signification exacte fait encore à ce jour sujet à polémiques. Autour de la statue, sur la table de marbre noir, on lit cette inscription qui relate les principaux faits de la vie du duc :

"Cy repose prince de très noble mémoire Monseigneur Jehan, fils, frère, oncle de roys de France, et nepveu de l'empereur Charles, roy de Bohême, duc de Berry et d'Auvergne, comte de Poictou, d'Estampes, de Gien, de Boulogne et d'Auvergne, et per de France, qui édifia, fonda, dona et garnist de très sainctes reliques, et de très riches ornements ceste Saincte chapelle. Et tresspassa à Paris en laage de LXXVI ans,  l'an mil quatre cens et seize, le quinzièsme jour de juing : Pries Dieu pour lame de luy. Et en mémoire duquel : Charles VIIe, roy de France, son nepveu et héritier, prince très chrestien et très victorieux, fist faire ceste sepulture."

* Contemple ce à quoi sert une naissance illustre, les richesses, la gloire : Tous ces biens m'appartenaient; maintenant ils ne sont plus.

 

Près du tombeau se trouve l'entrée étroite qui permet l'accès à la rotonde où sont inhumés nos archevêques depuis le début du Concordat. La tombe la plus récente est celle de Mgr Plateau décédé en 2018. Dans cette rotonde, refaite en 1904, se trouve la Mise au tombeau et l'escalier d'accès à la crypte romane.

 

En sortant de la rotonde, sur la droite, est aménagé un dépôt lapidaire : huit grandes statues du XIIIe siècle qui avaient orné la tour Nord et deux du XIVe, la façade (en 1995, à l'occasion du huitième centenaire de la fondation de la cathédrale, des moulages ont été montés à leur place sur la tour et la façade). A droite des statues, des bas-reliefs et dix statues en haut-relief (martyrs et docteurs) provenant des voussures du portail du Jugement et remplacés au XIXe siècle.

 


Le Jubé

 

Le jubé était en place dès 1237, à la jonction entre les cinquième et sixième travées. Mutilé en 1562, puis restauré au XVIIe siècle, il fut détruit en 1758 lors du réaménagement du chœur. Ses fragments, redécouverts progressivement à partir de 1850, sont depuis 1994 présentés dans l'église basse. Les arcades comportaient des statues d'apôtres et le parapet était décoré par un cycle de la Passion du Christ.

A l'origine, les figures polychromées se détachaient sur un fond quadrillé de carrés de verre peint. Seul le relief de la Crucifixion a conservé la plupart des verres anciens.

Source : Béatrice de Chancel-Bardelot - Dictionnaire de la cathédrale de Bourges


 

La Mise au Tombeau

 

                                                                     Voici ce qu'a écrit Jehan Glaumeau (chanoine de Montermoyen) dans son journal :

 

"L'an 543  (1543)

  En ladicte année ou mois de septembre fut achevé et parfaict le sépulchre, lequel est soubz l'eiglie St Estienne de Bourges, et ne fut point overt à ung chacun jusques au jour de Pasques fleuries* en suyvant. Celuy qui le fist faire c'estoit ung chanoine de ladicte esglie, nommé maistre Jacques Dubreuil, lequel décéda en la mesme année, le XIIe jour de novembre, et fut enterré au dict lieu là où est le dict sepulchre."

*Pâques fleuries : ancienne appellation du jour des Rameaux

 

Datée des années 1520, cette mise au tombeau a été mutilée en 1562 pendant les guerres de Religion et restaurée par le chapitre en 1660 puis en 1826. Le monument a été reculé lors des travaux de 1904.

En 1868, un moulage du monument a été installé dans la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

 

 


La Crypte Romane

 

On y accède par un escalier situé à gauche de la mise au tombeau. Eh oui, à Bourges, il faut monter des marches pour se rendre à la crypte ! Depuis sa redécouverte en 1757 (elle avait été condamnée à la fin du XIIe siècle lors de la construction de la cathédrale) jusqu'en 1904, elle n'était accessible qu'en soulevant deux dalles situées dans le déambulatoire. Cette crypte a servi de caveau des archevêques au XIXe siècle et jusqu'en 1904-1905.

 

 


Les Vitraux

 

 Au nombre de douze, ils proviennent de la Sainte Chapelle du duc Jean de Berry. Ils ont été apportés en 1757 lorsque la Sainte Chapelle a été démolie. Ils datent de 1404 ou 1405 et certains représentent des prophètes. A part David et Isaïe, reconnaissables aux textes extraits de leurs œuvres et inscrits sur leurs phylactères, il est difficile d'identifier les autres. Ces vitraux ont été démontés préventivement et mis en caisse en 1939. Ils y resteront jusqu'en 1982. L'entourage de ces vitraux a été confié en 1983 à M. Jean Mauret, verrier, qui a assuré la remise en place en créant l'entourage en grisaille


Documents à consulter ou à télécharger

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Ce que dit A. des Méloizes entre 1891 et 1897
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Octave Roger - L'ancien Jubé
Paru dans le XVIIIe volume des Mémoires des Antiquaires du Centre (1891)
Jubé.pdf
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Alfred Grandilhon - Le premier Jubé de la Cathédrale de Bourges (Complément à l'étude d'Octave Roger)
Paru dans le XXXIVe volume des Mémoires des Antiquaires du Centre (1911)
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Paul Gauchery - Reste de l'Ancien Jubé, suite du mémoire d'Octave Roger
Paru dans le XXXVIIIe volume des Mémoires des Antiquaires du Centre (1917-1918)
Jubé-b, suite du mémoire d'Octave Roger.
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Fabienne Joubert - Le Jubé de Bourges, remarques sur le style
Bulletin Monumental, tome 137, n°4, année 1979. pp. 341-369
Source : Persée
Joubert Fabienne. Le Jubé de Bourges.pdf
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Mathieu Planchon - De la Mise au Tombeau
Paru dans le XXXIIIe volume des Mémoires des Antiquaires du Centre (1910)
Mise au Tombeau.pdf
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Repose des vitraux de la Sainte-Chapelle à la cathédrale de Bourges - C. Di Matteo
Bulletin Monumental, tome 144,n°4, année 1986. p. 337
Source : Persée
Repose des vitraux de la Sainte-Chapelle
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Jean Toubeau de Maisonneuve - Sépulture de Gabriel de La Châtre
Paru dans le XLVe volume des Mémoires des Antiquaires du Centre (1931-1933)
Sépulture de Gabriel de La Châtre.pdf
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Les épures de la cathédrale de Bourges - 2018-2019
Constance Briand Epures.pdf
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