Le Portail central du Jugement Dernier

 

Un des plus importants portail de la sculpture gothique du XIIIe siècle. Dans le registre inférieur les corps surgissent nus de leurs tombeaux sauf un évêque mitré. les sculptures de ce registre ont été particulièrement abimées pendant les guerres de religion et restaurées au XIXe siècle.

Le registre médian met en scène le Jugement. Au centre, l'archange Saint Michel préside à la séparation des élus et des damnés, tenant la balance à peser les âmes. Celle en cause est représentée par l'enfant nu à son côté. Elle est guettée par Satan armé d'un croc, mais la main de l'archange la protège et son sourire la rassure : elle est sauvée. Ses péchés, représentés par un monstre grimaçant dans le plateau de droite sont moins lourds que ses bonnes actions accompagnées dans le plateau de gauche par le calice du Christ rédempteur.

A droite, des diables entraînent les damnés vers la marmite de l'enfer, chauffée par les flammes vomies par la gueule du Léviathan. Évêques, moines, rois, manants et prostituées y sont entassés.

A gauche, le cortège souriant des élus avance vers le paradis. Parmi eux une reine, un roi et un franciscain que Saint Pierre invite à entrer pour rejoindre les élus blottis dans le "sein d'Abraham" qui symbolise le Ciel. Au-dessus, trois anges apportent les couronnes "promises à ceux qui aiment le Seigneur" (Jacques 1,12).

Dans le registre supérieur, le Christ-Juge (refait plus grand au XIVe siècle pour une raison inconnue) montre ses plaies. Les anges qui l'entourent portent les instruments de la Passion. De chaque côté, la Vierge et Saint Jean l'Évangéliste implorent Jésus pour les hommes ressuscités. Au-dessus, deux anges emportent le soleil et la lune; la lumière du Christ éclaire le monde renouvelé, les astres fixant la limite des jours n'ont plus de raison d'être : les temps sont révolus.

Les voussures qui surmontent cette scène représentent la cour céleste au paradis. Y sont disposés hiérarchiquement à partir du fond, les chérubins avec trois paires d'ailes, les anges puis les saints : confesseurs, docteurs, martyrs et enfin les prophètes couronnés. Les deux dernières voussures ont été entièrement refaites au XIXème siècle (quelques éléments du XIIIe siècle provenant de ces deux voussures sont visibles dans l'église basse).

Le gâble supérieur est orné d'une rose à colonnettes qui symboliserait la roue de la Fortune. Elle est agrémentée de huit figurines représentant les vierges sages et les vierges folles de la parabole. Dans les niches, la Sainte Vierge et Saint Jean l'Évangéliste. Au-dessus, le Christ-Juge entouré de deux anges.

Les niches vides qui entourent ce portail ainsi que toutes celles celles de la façade ont été dépeuplées de leurs statues lors des guerres de religion. Des dix statues décapitées qui ont été logées à droite du portail central, cinq datent du XIIIe siècle et une viendrait de la Sainte Chapelle du palais ducal (XIVe siècle).